L’Atelier des Arts. La Grange

Un faisan dans son costume princier me devance sur le chemin. Estimant son devoir accompli il me quitte pour rejoindre ses terres agricoles. La traversée du hameau se fait dans un silence campagnard, et je dépose mon véhicule sur un parking disponible.

Quelques pas plus loin un panneau m’indique que je suis à bon port, ce qui pour un ancien marin est significatif, « La Grange, théâtre ».
Notre hôtesse, Marie-Catherine Conti, sourire aux lèvres et cigarette à la main, m’accueille et rapidement me fait visiter les lieux et ses coulisses. Une partie du bâtiment non rénovée, me fait apprécier le travail accompli pour rendre les lieux agréables et fonctionnels.

Je découvre la salle, sa nouvelle régie, ses décors, la comédienne Blandine Bonelli et le metteur en scène André Obadia, donnant le dernier coup de balai avant d’accueillir les spectateurs. Ces derniers commencent à arriver et s’installent dans des conversations amicales, la plupart sont des habitués venus en groupes.

Marie-Catherine Conti nous présente le programme de l’année, avec quelques mots pour chaque pièce, puis c’est au tour du facétieux Alain Bron d’évoquer les consignes de sécurité. L’essentiel est dit avec humour.

Le moment est venu de découvrir la pièce.

Pour ma part, qui ne suis pas un aficionado des salles de théâtre, ni un critique averti, que puis-je en dire ? Tout d’abord, et c’est sans doute l’essentiel, j’ai passé une heure agréable en dehors du temps.
Les décors et le costume de la comédienne nous font entrer dans un univers de bande dessinée, tout en blanc et noir. Trois personnages sont joués par Blandine Bonelli, Josette dont la vie est bouleversée par un retard de 12 minutes relevé par la badgeuse, sa collègue la narratrice, et la RH issue de l’ENA. Tous trois sont criants de vérité, et le rythme de la pièce nous entraîne dans une spirale ascendante. Nous sommes emportés, nous perdons nos repères temporels, notre environnement devient administratif.

Il y a de nombreux sujets évoqués dans la pièce, le travail et sa place dans notre vie quotidienne, notre rapport au temps, les rapports hiérarchiques, les relations humaines, le fonctionnement administratif. Le texte nous fait sourire parfois, mais surtout il nous interpelle sur notre propre condition.

Vous pouvez découvrir la présentation par l’auteure en suivant ce lien :
https://www.theatre-
contemporain.net/video/L-Anomalie-de-Blandine-Bonelli-Presentation-par-l-auteure

La Grange est un lieu hors du temps, une bulle de culture où les spectacles de qualité s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Si vous voulez avoir plus de détails sur la programmation je vous donne rendez-vous sur leur site internet
https://atelierdesarts.weebly.com/

Le résumé de la prochaine pièce

Truffaut – Correspondance est un spectacle impressionniste. Pas une biographie théâtrale, mais un portrait en creux du cinéaste qui s’exprime par petites touches à travers un choix de lettres éminemment subjectif  pour dire ce qui, chez lui, nous bouleverse et nous remue. Traverser la correspondance de François Truffaut, c’est parler de l’enfance (beaucoup), du cinéma (un peu) et surtout de ce qui nous construit et fait de nous des humains pétris de contradiction. Il faut dire et entendre Truffaut pour se rendre compte à quel point, l’homme est auteur autant que cinéaste. Et parce que la musique est essentielle dans son œuvre, elle est au plateau en permanence, avec un piano tantôt discret, tantôt sur le devant de la scène mais toujours en conversation avec le comédien.  « Truffaut – Correspondance », c’est « notre » Truffaut, celui qui nous parle, celui qui raconte une époque, un homme et au final un peu du monde qui nous entoure.

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